Ce qui attend la bière en 2026
2025 a encore été une année compliquée pour la bière et ce, dans le monde entier. Mais au Petit Ballon, on est du genre à voir la pinte à moitié pleine et on a envie de croire que 2026 promet de belles choses pour l’industrie brassicole. Petit tour d’horizon de ce à quoi les douze prochains mois pourraient ressembler.
Retour à l’équilibre
Bières à la pizza, aux champignons ou aux bonbons, IPA aux six houblons, ou encore Imperial stouts à 12 % d’alcool : si vous avez régulièrement écarquillé les yeux devant les rayons de bière ces dernières années, sachez que le “toujours plus”-omètre devrait s’apaiser un peu dans les mois qui viennent. Soyons honnêtes, cette course aux extrêmes était plutôt rigolote, jusqu’au moment où il fallait passer à la caisse, et pire, tout boire (souvenir ému d’une canette de 44 cl de bière façon choucroute que 6 personnes n’ont pas réussi à terminer). Hausse du coût des matières premières, baisse du pouvoir d’achat et prise de conscience par les brasseries que les “beer geeks” ne constituent pas la majorité de leur clientèle annoncent donc une nouvelle ère dont le maître-mot sera “buvabilité”.
Pas étonnant donc que les styles de fermentation basse, les fameuses lagers, reviennent en force depuis quelques années. Moins coûteuses en matières premières, souvent plus légères en arômes et en alcool, elles permettent également à une brasserie de démontrer toute l’étendue de son savoir-faire. Difficile en effet de cacher de petites erreurs de brassage quand on ne peut pas ajouter des kilos de houblons aromatiques. Hors de question en revanche de revenir à la pils sans goût chère aux industriels, on veut du bon et de l’artisanal ! Guettez donc le retour de styles bien travaillés comme la Vienna lager, ou les lagers noires aux étonnants arômes torréfiés.
Hola, seriez-vous en train de piquer du nez ? On l’admet, ces tendances manquent un peu de peps. Le salut se trouvera alors peut-être dans les bières aromatisées, qui signent leur grand retour. Preuve en est, comme toujours dans le secteur brassicole, l’apparition voire réapparition de marques de bières fruitées dans le portefeuille des industriels. Heureusement, l’artisanat n’est pas en reste et fruits, herbes aromatiques et épices devraient se remettre à l’œuvre dans les prochains mois, dans des recettes toutefois moins sucrées que les marques historiques. Les arômes ne camouflent plus le goût de la bière : ils le mettent en valeur.
Le no-low sur un plateau
C’est LA grande tendance de ces dernières années en matière de boissons (et pas seulement la bière) : le “no-low” - pour “no alcohol et low alcohol” (“sans ou faible en alcool”) ne cesse de grappiller des parts de marché, en parallèle avec la diminution globale de consommation d’alcool dans l’Hexagone. Deux chiffres pour vous en convaincre. Le nombre de Français et Françaises déclarant consommer à la fois de l’alcool et des boissons no-low est passé de 39 à 49 % entre 2024 et 2025, selon le baromètre Degré Zéro 2025 réalisé par Sirha Food en partenariat avec le Collectif du Vin No/Low. Et 50 % envisagent de participer au Dry January en ne consommant pas d’alcool pendant tout le mois de janvier, d’après Addictions France.
S’il reste donc des brasseries n’ayant pas encore lancé au moins une référence sans alcool (rappel qu’en France, une bière peut être qualifiée ainsi si elle en contient moins de 1,2 %), on fait le pari que ce sera le cas en 2026 ! Au risque cependant d’être en retard ? Le baromètre Degré Zéro indique ainsi une légère baisse du pourcentage de consommation de bière sans alcool, là où les mocktails (cocktails sans alcool) et les autres boissons fermentées (on pense par exemple aux kéfirs et kombuchas) séduisent de plus en plus. Même si la consommation en volume continue d’augmenter, la bière paye peut-être aujourd’hui le prix d’avoir été la boisson moteur du mouvement vers le sans alcool, d’où une lassitude de la clientèle face à la multiplication des références ces derniers mois.
Ce qu’on souhaite pour la bière en 2026
Si l’on ne peut que se réjouir de la tendance à la baisse de la consommation d’alcool (puisque rien ne vaut la modération), on peut aussi comprendre l’inquiétude du secteur brassicole face à cette situation. 2026 ne devrait pas beaucoup différer de 2025 et 2024 qui avaient vu les fermetures de brasseries se multiplier. Le prix des matières premières et des matériaux (verre, aluminium, carton) restant haut, nous allons peut-être commencer à observer des rapprochements entre brasseries pour rationaliser les coûts et l’investissement matériel. Collaborations (notamment sous forme de coopératives), fusions, rachats : voilà quelques pistes à explorer pour préserver notre paysage brassicole français.
Autre conjoncture à prendre en compte : le changement climatique. Eh oui, on en parle assez peu par rapport à d’autres produits comme le chocolat ou le café, mais la bière fait aussi partie de ces produits impactés par les hausses de température, la sécheresse ou encore les fortes précipitations. Il faudra donc que l’industrie brassicole prenne en compte cette réalité pour s’y adapter mais aussi jouer son rôle de colibri et faire sa part pour améliorer la situation. En 2026 on espère donc voir plus de bières aux ingrédients locaux voire bio, conditionnées dans des contenants réemployables, et de préférence au plus près de leur lieux de production. On aura alors plaisir à déguster des boissons faites avec des céréales plus adaptées aux fortes chaleurs et au manque d’eau, ou encore des variétés de houblon résistantes aux maladies.
Le saviez-vous ? Cet article a été rédigé entièrement par un être humain (promis juré, vous pouvez même voir sa tête ici). Il faut dire que la fameuse intelligence artificielle ayant désormais pignon sur toutes les rues de notre existence trébuche encore pas mal quand il s’agit de parler de bière - la faute à des ressources en ligne assez pauvres et souvent erronées (heureusement que le Petit Ballon est là pour rétablir les choses, n’est-ce pas ?). Plusieurs brasseries se sont néanmoins emparées du sujet, que ce soit pour créer la recette parfaite ou générer les illustrations des canettes. Si le brassage de la bière restera probablement une tâche humaine cette année encore, l’IA pourrait bien avoir de plus en plus à dire sur votre demi. Quoiqu'il en soit, le Petit Ballon vous tiendra au courant. Bonne année !
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Article rédigé par Hélène et les Houblons pour Le Petit Ballon.