Blog Nouveautés Votre bière sera-t-elle bientôt brassée par une IA ?
Votre bière sera-t-elle bientôt brassée par une IA ?

Votre bière sera-t-elle bientôt brassée par une IA ?

 

À moins d’avoir passé ces dernières années dans une grotte, vous n’êtes pas sans savoir que l’IA a désormais envahi tous les aspects de nos vies. Et figurez-vous que c’est également le cas dans l’industrie brassicole ! Création de recettes, design de canettes… Les premiers tests ont pour l’instant plus été des coups marketing que de réelles avancées technologiques. Alors, l’intelligence artificielle a-t-elle un avenir dans la bière ?

 

IA quoi dans ta bière ?

 

Avant d’imaginer des salles de brassage où n’officient que des armées de robots, c’est pour l’instant à petits pas que le monde de la bière s’empare de cette technologie. Si de nos yeux extérieurs aux brasseries, l’usage de l’IA semble ne pouvoir se limiter qu’à la création d’étiquettes colorées, le machine learning a bien d’autres usages dans sa poche, à commencer évidemment par la création de recettes. La Champion Brewing Company, aux États-Unis, a ainsi donné à un agent IA les caractéristiques des dix IPA les mieux vendues dans le pays, ainsi que les dix moins achetées, l’objectif étant bien sûr d’en tirer la recette qui rapporterait des millions. Bon, l’expérience ne doit pas avoir rapporté tant que ça, car la brasserie en question est aujourd’hui fermée…


Est-ce parce que Champion Brewing Co ne s’est concentré que sur des données objectives relatives au produit (couleur, taux d’alcool, taux d’amertume…), en oubliant un critère probablement essentiel dans la commercialisation d’une bière, à savoir l’avis des personnes qui l’achètent ? La brasserie australienne Modus n’a pas fait cette erreur lorsqu’elle s’est associée à l’entreprise Absolutely A.I., qui avait pour mission de récolter des centaines de milliers d’avis de consommateurs et consommatrices sur internet pour créer “la East Coast IPA parfaite”. Une fois les données englouties et analysées par l’ordinateur, celui-ci avait carte blanche pour créer une bière de A à Z, de la recette à l’étiquette en passant par le nom. La Neural Network a depuis récolté la note de 3,9/5 sur Untappd (un réseau social destiné à partager ses dégustations), ce qui n’est pas mauvais, mais pas parfait non plus. Bon, au moins, la brasserie Modus est encore en activité, elle…


Enfin, l’IA peut également montrer son utilité directement dans la salle de brassage. Grâce à des capteurs connectés, une machine peut relever à chaque instant les données du processus tels que la température, le pH, la densité…, les analyser et ajuster en direct les paramètres des outils de production. Plus besoin donc d’être humain pour brasser. Cela vous semble fou ? Nous n’en sommes pas (encore) là, mais sachez que dans certaines brasseries industrielles comme Carlsberg, l’IA est déjà utilisée pour analyser des échantillons de leurs brassins et en dessiner les cartographies organoleptiques (arômes, saveurs et textures). Un travail jusqu’ici effectué par des panels de consommateurs et consommatrices. Même pour la dégustation, l’humain devient obsolète.

 

Intelligence Artisanale ?

 

Et c’est peut-être ce qui pourrait rendre l’incursion de l’IA dans le domaine brassicole plus compliqué que dans d’autres secteurs. La bière, c’est le produit de la convivialité par excellence, la boisson vers laquelle on se tourne quand on est entre amis et qu’on souhaite se détendre. Par ailleurs, cela fait quelques années que des petites et moyennes entreprises artisanales réussissent à grignoter des parts de marché aux grandes brasseries industrielles, signe que la clientèle a soif d’authenticité et de produits locaux. Et vous, verriez-vous d’un bon œil que votre petite brasserie préférée délègue à une machine la fabrication de ses produits, qui plus est en utilisant des technologies de grandes entreprises américaines ?


L’idée commune à tous les exemples donnés plus haut consiste à trouver et fabriquer LA recette parfaite. Sous-entendu : il ne peut en exister qu’une, et c’est donc vers celle-là que toutes les machines devraient a priori se diriger. Voilà qui n’augure rien de bon pour la richesse et la diversité des bières existantes ! Savez-vous par exemple que rien qu’en Belgique, on estime qu’il existe environ 1500 styles différents ? En Allemagne, des dizaines de styles régionaux ont déjà disparu pour toujours après l’édition en 1516 du Reinheitsgebot, une loi de pureté de la bière interdisant de brasser avec d’autres ingrédients que l’eau, les céréales et le houblon, limitant drastiquement l’éventail des recettes possibles. Voilà qui ne donne pas vraiment envie.


Quid enfin de l’impact écologique de l’utilisation de l’IA ? Dès 2023, sa consommation en eau (qui servent à refroidir les machines de calcul) dépassait déjà celle d’eau en bouteilles dans le monde entier. Quand on sait que la production d’un litre de bière nécessite en moyenne sept litres d’eau, on peut se demander s’il ne s’agirait pas de limiter un peu la casse… Et à ce sujet, le problème semble être également la solution. Car si on y réfléchit, nous avons d’un côté des brasseries qui ont besoin de chauffer leur eau de brassage, et de l’autre des fermes de serveurs qui cherchent à éliminer la chaleur qu’elles émettent. À Roubaix (Nord), la Brasserie des Lys s’est ainsi dotée d’un data center qui stocke les données d’entreprises locales, et dont la chaleur de fonctionnement est récupérée pour le brassage. Un exemple de collaboration qui fait plus envie que de remplacer brasseuses et brasseurs par des robots, non ?


 

Pas de bières brassées par des robots dans notre box Sans Pression (pour l’instant en tout cas) ! Elle vous permet toujours de recevoir chaque mois six bouteilles ou canettes de trois recettes différentes, à partager avec vos proches, ainsi que le Galopin, notre fiche bière qui vous dit tout des bières dégustées et du vaste monde brassicole.



Article rédigé par Hélène et les Houblons pour Le Petit Ballon.

 

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